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LE PROGRES ActuMarchésLes opérateurs funéraires tirent les prix vers le haut.Tendance. Depuis la fin du monopole des communes en matière d'obsèques, les tarifs ne cessent d'augmenterMourir coûte cher. Selon une étude d'UFC-Que choisir, réalisée en octobre 2008, le coût des obsèques s'élève à 3 900 euros en moyenne, soit une hausse de 34 % en dix ans. L'organisme de défense des consommateurs dénonce un certain nombre d'abus : pour des services tels que les démarches et l'assistance administrative, les prix pratiqués par les Pompes funèbres peuvent varier... de 1 100 %.Pour le responsable d'une entreprise de pompes funèbres indépendante, installée à Lyon, l'augmentation des prix est liée aux acteurs principaux du marché : « Ils tirent les prix vers le haut, et tout le monde suit. C'est la course à la rentabilité ». À Lyon, on compte près de 10 000 décès par an. Les Pompes funèbres générales (PFG), gérées par Vestar Capital partners, un fonds de pension américain, se taillent la part du lion avec 40 % des parts de marché. Vient ensuite la régie municipale des villes de Lyon et Villeurbanne (20 %). Roc'eclerc, le groupe créé par Michel Leclerc, cousin d'Édouard, s'adjuge 18 % de l'activité du secteur. Le reste étant partagé entre les différentes entreprises indépendantes. Leader du marché français et lyonnais, les PFG se classaient, en 1997, à la 33e place des entreprises les plus rentables de France, selon un article des Échos. « Le marché des pompes funèbres est lucratif. Nous sommes une entreprise privée, nous sommes là pour gagner de l'argent », confirme Cyril François, directeur des PFG de Lyon. Pierre Cachat, président de l'Union des professionnels du funéraire de Rhône-Alpes et patron de la société Rozier, implantée à Lyon depuis 1935, ne dit pas autre chose : « Les pompes funèbres sont rémunératrices, sinon, les financiers ne s'engouffreraient pas dans ce secteur. » Reste la question de l'éthique. « Le problème est que ces bons résultats financiers proviennent de l'argent de familles endeuillées, qui sont dans une situation de faiblesse et d'inexpérience », lance Michel Kawnik, président de l'Association française d'information funéraire. « Par exemple, le coût de location des chambres funéraires est variable. Pour trois jours, on vous facture de 100 à 600 euros, suivant la société. » Une charte du respect de la personne endeuillée est en cours d'élaboration par la délégation interministérielle à la Famille. Signature prévue le 29 octobre. Objectif : « Apporter aux familles une information sur les tarifs spécifiques ». Mais les professionnels semblent s'en désintéresser. Pierre Cachat la signera mais estime qu'elle « ne sert à rien ». « La majorité des entreprises de pompes funèbres respectent déjà ces principes », assure-t-il. Emmanuelle Sautot
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