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Les concessions funéraires en cimetière
Types de concessions funéraires
Renouvellement d'une concession
Transmission, donation d'une sépulture
Rétrocession
d'une concession à une commune
Reprise d'une
concession (non entretien, abandon)
Translation d'un
cimetière
Les différentes
concessions funéraires
La concession peut être temporaire
(au maximum de 15 ans),
trentenaire, cinquantenaire ou
perpétuelle.
L'acquéreur d'une concession funéraire doit obtenir un terrain libre de
toute construction et de tout restant mortuaire (réponse ministérielle à la
question écrite n° 19744, J.0. débats à l'Assemblée Nationale du 15/02/99 p.
949-950).
La superficie des concessions est généralement de
2 mètres carrés (2 mètres en longueur sur 1 mètre en largeur).
Des terrains de 1 m² peuvent aussi être concédés pour l'inhumation de jeunes
enfants ou le dépôt d'urnes funéraires.
Une concession est : Soit
-
Une concession de famille. Peuvent y être inhumés : concessionnaire(s),
conjoints et leurs enfants (sauf volonté contraire expresse de ce dernier), ascendants, descendants,
enfants adoptifs, collatéraux (frère, tante, oncle, neveux...), alliés (membres de la belle
famille), toute personne
ayant une attache de liens spécifiques.
Soit - Une concession collective destinée aux personnes désignées sur l'acte de concession, quelles soient ou non
de la famille..
Soit - Une concession individuelle destinée au seul concessionnaire.
-
Faire attention à la dénomination
inscrite sur l'acte de concession
:
- Concession de famille.
Le contrat de concession doit préciser que celle-ci a été acquise par M et
(ou) Mme... pour y fonder sa sépulture et celle de sa famille.
Si les deux noms figurent dans l'acte : les ascendants et les
descendants respectifs de chacun pourront être inhumés dans cette
concession.
L'accord du ou des titulaires est demandé pour l'inhumation des alliés et
des personnes unies au fondateur(s) ou au(x) titulaire(s) par des liens
spécifiques d'amitié.
- Collective.
Le maire peut s'opposer à l'inhumation de toute personne autre que celles
énumérées dans le contrat.
- Individuelle.
Seul le concessionnaire peut en bénéficier.
Un "titre de propriété" est établi en trois exemplaires : un pour le
concessionnaire, un pour le receveur municipal, un pour les archives de la
commune.
Il est possible de régler une concession en plusieurs fois après
mise en place d'un échéancier par le mairie.
-
Un emplacement en terrain communal est dû gratuitement à
toute personne décédée ou domiciliée sur la commune. La
mairie réserve aussi des concessions, pour une durée minimum de 5 années,
aux personnes décédées sans ressources suffisantes.
-
Une commune peut appliquer des tarifs différents compte tenu
des qualités de l'emplacement et ses avantages (réponse ministérielle
n°5976, JOAN du 8/11/1993, p. 3944)
-
Le titulaire d'un concession a toujours le
droit d'installer un caveau ou un monument et de faire clôturer sa parcelle
sans que ceci puisse lui être imposé (réponse ministérielle n° 26311, JOAN
du 24/05/1999, p. 3174)
-
Du vivant du concessionnaire, toute
attribution de place n'est autorisée qu'avec son consentement. Le conjoint
et des héritiers peuvent donc être exclus.
Lorsque le titulaire initial décède, la concession passe en état
d'indivision perpétuelle, donc se transmet aux héritiers des héritiers
(circulaire n° 91-43 du 26/2/91)
La jurisprudence considère qu'un co-indivisaire, en
cas de place disponible dans un caveau, peut sans l'accord des autres
indivisaires inhumer son conjoint (normalement une concession est établie
afin d'y fonder la sépulture de ses enfants ou successeurs, art L. 2223-13
du CGCT, et non de leurs conjoints)
-
Une personne peut obtenir une concession dans le cimetière d'une commune,
bien qu’elle n’y soit pas domiciliée, mais elle y a vécu une partie de sa
vie et certains membres de sa famille y sont inhumés (Conseil d'Etat du
02/05/1948)
-
Un concessionnaire ou ses ayants droit
peuvent autoriser l'inhumation d'une personne étrangère à la famille
qu'unissait des liens particuliers d'affection ou de reconnaissance (C.E.
11.10.57, consorts Hérail)
Attention : ceci peut être la source de conflits pour les exhumations et
les réductions de corps en vue d'inhumations ultérieures, l'autorisation de
la descendance de ce tiers est nécessaire.
-
Concernant une concession de famille et en
cas de décès du concessionnaire sans héritier réservataire : les
"successeurs" aux biens du concessionnaire peuvent être inhumés en vertu de
dispositions testamentaires.
-
Une association cultuelle ne peut pas
acquérir de concession afin d'inhumer des prêtres, ni obtenir son
renouvellement (la création d'une concession est réservée à une personne
physique).
-
La liberté de mettre en place un monument
funéraire sur une concession temporaire se heurte parfois au règlement de
certains cimetières. Ceci est infondé en droit, la possibilité de construire
sur une concession étant expressément reconnue par la loi (art. L. 2223-13
du CGCT)
-
Taxe "de superposition de corps". Cette taxe n'est exigible
que si le règlement municipal la prévoit et uniquement à partir de la
deuxième inhumation (circulaire 74-434 du 9/08.1974)
-
Le tribunal de Grande Instance est compétent
pour
- Trancher tout différent entre les titulaires d'une même concession ou les
titulaires d'une concession voisine,
- Dédommager le concessionnaire suite à acte de la commune portant atteinte
au droit d'occupation.
Voir la rubrique Choix
des funérailles, mise en bière, inhumation, exhumation (cliquer)
Renouvellement d'une concession
Il appartient au concessionnaire d'effectuer
les démarches de renouvellement auprès du conservateur du cimetière ou du maire.
Délai limite de
renouvellement
A effectuer dans les 24 mois qui suivent la fin de sa validité.
Si ce délai est dépassé, le maire peut effectuer la reprise de cette concession
et la revente de l'emplacement.
Tarif
La redevance a payer sera celle du tarif en vigueur au moment de la
demande de renouvellement et non celle du tarif en vigueur au moment de la
délivrance de la concession.
Modification d'une
concession lors d'un renouvellement
Il est autorisé, lors du renouvellement, de convertir une concession en une
concession de plus longue durée (exemple d'une trentenaire en une
cinquantenaire)
Un ayant droit qui renouvelle une concession funéraire n’en devient pas pour
autant le titulaire. Le renouvellement est présumé avoir été fait dans l’intérêt
de tous les descendants du fondateur.
Renouvellement de
concession faite plus d'un an avant l'expiration de la concession
Le renouvellement des concessions peut avoir lieu sur place dans la dernière
période quinquennale (5 ans) sous la condition que l'opération soit justifiée
par une inhumation a effectuer immédiatement dans le terrain concédé (Ministre
de l'Intérieur, 1er mai 1928).
Renouvellement de
concession présentée au-delà du délai de 2 année suivant l'échéance du contrat
de concession
Le titulaire d'une concession funéraire temporaire, trentenaire ou
cinquantenaire bénéficie d'un véritable droit au renouvellement, dès lors que
les conditions posées par l'article L. 2223-15 du code général des collectivités
territoriales sont respectées. La demande de renouvellement doit être présentée
dans les deux années suivant l'échéance du contrat de concession et la commune
ne peut s'y opposer. Passé ce délai, le terrain concédé fait retour à la
commune. Toutefois, dans la mesure où la commune n'a pas encore procédé à la
reprise de la concession, le maire peut accepter discrétionnairement une demande
de renouvellement qui serait présentée au-delà du délai de deux ans.
Le renouvellement s'effectue, en principe, sur la même parcelle et pour la même
durée, mais le concessionnaire peut user de son droit d'obtenir la conversion de
la concession pour une durée plus longue.
Les communes ont également la faculté de proposer le renouvellement pour une
durée plus courte que celle accordé par le contrat de concession initial (JO
sénat du 20/08/2009 - page 2005)
Transmission d'une sépulture
Une sépulture
revient en indivision aux héritiers ou à sa descendance
La famille doit faire preuve de ses droits toutes les trois
générations.
L'entretien ou la réparation d'une sépulture (monument, caveau) ne donne
aucun privilège à un héritier : l'indivision fait que tous les héritiers
sont à égalité.
Important : s'assurer que la mairie a connaissance de l'adresse d'un
ou de plusieurs concessionnaires (après un décès, un déménagement...).
En l'absence de disposition testamentaire du
dernier titulaire initial d'une concession funéraire, celle-ci est transmise aux
héritiers des héritiers : frères, sœurs et cousins. En sont exclus les conjoints
(art. L. 2223-13 du CGCT). La règle de l'indivision permanente s'applique et
chaque héritier possède des droits égaux sur la concession. Aucune opération ne
peut être décidée sans l'autorisation des autres co-indivisaires.
Pourtant, selon une jurisprudence constante (CA de Bourges du 22 mars 1911), un
co-indivisaire est autorisé à utiliser la sépulture pour son conjoint sans
l'assentiment des autres héritiers (CA Bourges du 22/03/1911)
Pérennité d'une
sépulture lors d'un manque d'héritier ou de descendance
1) Pour une concession perpétuelle.
La commune ne peut reprendre cette concession qu'après constatation
d'abandon et après avoir respecté un délai d'au moins trente ans.
L'entretien par toute personne, même étrangère, a pour effet de faire
perdurer cette concession.
En l'absence d'héritier : il est possible de faire une donation soit au centre
communal d'action social (CCAS), soit à un établissement public (université,
hôpital) soit à une fondation (ex : la Fondation de France). A charge pour cet
organisme d'entretenir le monument.
2) Pour une concession délivrée pour une durée de 15, 30 ou 50 ans.
La commune n'est pas tenue d'accepter le renouvellement effectué par un non
héritier mais rien ne lui interdit de l'accepter. Ce tiers étranger n'a
cependant aucun droit sur cette concession qui conserve le nom de son titulaire.
Donation ou
legs d'une concession du vivant du titulaire
Une concession est "hors commerce" et ne peut pas être "vendue".
Le titulaire d'une concession a sur l'emplacement un simple droit d'usage
d'une parcelle du domaine public et non un droit de propriété. Le droit
d'usage permet cependant de la céder à titre non onéreux ou de l'échanger
contre un autre emplacement soit dans ce même cimetière, soit dans un autre
cimetière de cette ville.
1) Une donation à
une personne étrangère n'est possible que pour une concession qui n'a pas
été utilisée (est donc exclue une concession ayant fait l'objet d'une
inhumation de corps suivi d'une exhumation).
2) Une concession
déjà "utilisée" peut être donnée à un héritier par le sang, lui même pouvant
désigner les personnes qui pourront y être inhumées.
La donation ou l'échange doit faire l'objet d'un acte notarié suivi d'un
acte de substitution entre le donateur, le bénéficiaire et le maire.
Rétrocession
d'une concession à une commune
Une rétrocession peut être réalisée si :
- Cette concession funéraire est libre de toute inhumation,
- La demande est faite par le fondateur et acquéreur de la concession (ceci
exclu une demande de rétrocession par les ayants droits et les héritiers)
- La commune accepte les rétrocessions (nulle obligation pour la commune)
-
Pour une concession trentenaire ou
cinquantenaire, le prix sera calculé :
- En fonction de la durée écoulée depuis l'achat et de celle restante,
- Sur la base des 2/3 du prix d'achat (1/3 a été versé et reste acquis au
Centre Communal d'Action Social -CCAS-)
-
Pour une concession perpétuelle, le prix est
déterminé par le conseil municipal déduction faite du reversement au CCAS.
Reprise d'une concession
non entretenue ou à l'état d'abandon
Une concession doit
être entretenue, faire l'objet de visite ou de dépôt de fleurs
Le maire peut constater l'état d'abandon d'une sépulture (aspect indécent et
délabré) et en effectuer la reprise.
La mairie peut vendre un monument récupéré sur une concession arrivée à échéance
ou abandonnée (circulaire 93-28 du 28/01/1993)
Délai législatif
pour une reprise par le maire (articles R. 2223-12 à 2223-21 du code général des
collectivités territoriales)
-
Reprise d'une concession trentenaire ou
cinquantenaire : possible au bout de 2 années si non règlement pour
renouvellement (remise du terrain en service, la dernière inhumation faite
par le précédent concessionnaire doit remonter à plus de cinq ans).
-
Reprise d'une concession perpétuelle :
ceci ne peut être réalisé qu'après une période de trente années et à
condition qu'aucune inhumation n'ai eu lieu depuis moins de 10 ans.
Pour une visite en vue de la reprise, la mairie doit aviser un mois à
l’avance les ayants droit (descendants ou héritiers), par lettre recommandée
avec avis de réception.
- La visite donne lieu à un procès-verbal qui est notifié aux ayants droit
dans les huit jours et fait l’objet de trois affichages successifs à la
mairie et au cimetière,
- La famille dispose de 3 ans pour remettre en état la concession puis
convier la mairie à une visite contradictoire,
- Si rien n’a été fait, le maire organisera une 2e visite selon la même
procédure, puis un mois après la notification du procès-verbal, il pourra
prendre un arrêté de reprise.
A défaut de régularisation par la famille, la procédure de reprise se
conclura par des étapes techniques précises :
- La destination des dépouilles funèbres est régie par le code général des
collectivités territoriales : les restes doivent être enlevés puis
recueillis dans un cercueil et soit reinhumés dans l’ossuaire, soit faire
l’objet d’une crémation (les cendres sont alors dispersées dans le jardin du
souvenir). Les noms des défunts sont consignés dans un registre, tenu à la
disposition du public,
- Les monuments, plaques et emblèmes seront enlevés aux frais de la commune.
-
Reprise d'une concession d'un personne
dont l'acte de décès mentionne "Mort pour la France" : un délai de
cinquante ans est imposé.
Après reprise :
Les restes mortuaires sont placés dans un cercueil de dimensions
appropriées. Il est ensuite effectué soit une inhumation dans l'ossuaire
soit une crémation de ces restes.
Les noms des personnes, même si aucun reste n'a été retrouvé, sont consignés
dans un registre tenu à la disposition du public et peuvent être gravés sur
un dispositif établi en matériaux durables dans le jardin du souvenir ou
au-dessus de l'ossuaire (articles L. 2223-4, L. 2223-18 et R. 2223-6 du
CGCT)
Le maire n'est pas imposé :
- Ni de publier un avis de reprise de la concession venue à expiration,
- Ni de notifier cette reprise à la famille.
L'article L. 2223-15 du CGCT ne prévoit pas que les parents doivent être
avisés avant l'exhumation des restes mortuaires lorsque celle-ci est
consécutive à la reprise d'une concession venue à expiration et non
renouvelée (Conseil d'Etat, 26/07/1985, Lefevre et autres, requête n°36749)
En règle générale, les monuments ainsi que les
emblèmes funéraires sont détruits.
Dans le cas de non reprise du caveau et du monument par les familles, la
commune peut en disposer et les vendre après avoir fait le nécessaire pour ôter
toute possibilité de reconnaissance de la sépulture ou d'identification des
personnes. La commune peut aussi décider de la protection d'une concession au
titre de monument historique.
Voir la rubrique
Textes législatifs et réglementation funéraire, loi n° 93-23 du 8 janvier 1993
(cliquer)
Translation d'un
cimetière
Ceci concerne la fermeture d'un cimetière suivie de son
déplacement. L'ordonnance n° 2005-855 du 28/07/2005 accorde au Conseil municipal
la compétence pour décider d'une translation.
Les corps inhumés sont transférés dans le nouveau cimetière aux frais de la
commune mais les frais liés au transfert des monuments funéraires, démontage et
reconstruction de ceux-ci, sont supportés par les familles.
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