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LE FIGARO
31
octobre 2008
Ce que valent les contrats obsèques
4 000 euros, c'est le coût moyen des obsèques en France. En dix ans,
leur prix a augmenté de 35% selon une récente étude de l'association
UFC-Que Choisir. Un facteur qui favorise les souscriptions aux contrats
obsèques. En 2007, deux millions de personnes ont ainsi choisi de
s'assurer, contre 1.4 million en 2003, soit une progression de 11.8% en
quatre ans. «Les seniors sont de plus en plus sensibles à ne pas être
une charge pour leur famille en cas de décès», confirme la Fédération
française des sociétés d'assurance (FFSA). Parmi les prévoyants, 75%
ont signé pour un contrat en capital et 25% pour un contrat en
prestations. Le premier permet au proche d'un défunt de toucher une somme
d'argent pour couvrir l'organisation des frais des funérailles. Le second
vise à assurer un ensemble de prestations selon la volonté du défunt.
Quel contrat choisir ?
«Les contrats en capital peuvent désigner une personne qui recevra un
capital ou encore une entreprise de pompes funèbres, explique Michel
Kawnik, président de l'Association française d'information funéraire
(Afif). Dans le premier cas, il faut avoir confiance dans la personne à
qui l'on confiera cette somme d'argent, rien ne l'empêche de partir en
vacances avec. Si vous passez ce contrat avec un opérateur funéraire,
sachez que ce contrat rémunère à hauteur de 3.5% par an quand
l'inflation annuelle des entreprises de pompes funèbres est de 8%. Ces
contrats n'apportent donc aucune garantie pour payer les funérailles.»
L'UFC-Que Choisir comparait le rendement de ces contrats avec ceux d'un
Livret A. Au final, pour la même somme cotisée mensuellement (170
euros), le capital obtenu était le même : 4 000 euros. Chez l'assureur
April par exemple, les personnes âgées de 60 ans voulant bénéficier
d'un capital de 3 000 euros placeront chaque mois sur un compte 18 euros.
Certains assureurs proposent le versement d'un capital bien plus important
: 10 000, 50 000 voire 150 000 euros, exonérés de droits de succession.
Quant au contrat en prestations, il institue un règlement à l'avance
de prestations obsèques : nombre de porteurs, type du cercueil, etc. Son
règlement s'effectue en une fois. «Quelque soit la date du décès, les
obsèques seront organisées. Cela permet d'éviter les surcoûts, mais
dans la pratique, les opérateurs funéraires ne le proposent quasiment
jamais», poursuit Michel Kawnik. C'est pourtant le contrat le plus sûr
puisque les proches n'auront effectivement aucune somme à débourser au
moment de la mort du proche. Les souscripteurs choisissent le montant pour
lequel ils veulent être assurés : 3 000 euros ou plus et donc les
prestations qui y sont associés.
Un troisième type de contrat existe : le contrat d'assurance obsèques
en prestations standardisées. Pour l'UFC-Que Choisir, le «danger de ces
contrats réside dans le fait qu'ils ne tiennent pas compte de vos
souhaits.» En clair, il est difficile de choisir le cercueil, les emblèmes
ou plaques, ainsi que la pierre tombale.
Qui règle les funérailles ?
Si la personne décédée était mariée, c'est son conjoint qui
organise les obsèques. A défaut, ce seront les parents, frères ou les
enfants qui auront cette charge. Sans famille ni amis, c'est au maire de
la commune où la personne est décédée de les organiser. Avant de
souscrire un contrat en capital, il est utile de savoir que les sociétés
de pompes funèbres peuvent être réglées à hauteur de 3 050 euros en
puisant sur le compte du défunt. De même, les frais d'obsèques peuvent
être déduits de l'actif de la succession (le montant de l'héritage
servant au calcul des droits de succession) dans la limite de 1 500 euros.
Lors de l'organisation des funérailles, il faut également prendre son
temps. Si les opérateurs funéraires ont tendance à presser les
familles, ces dernières ont 6 jours, sans compter les jours chômés,
pour mener à bien les obsèques. Dernier conseil : «avoir au minimum
entre deux et quatre devis d'opérateurs funéraires», explique Michel
Kawnick. Récemment, le sénateur PS du Loiret, Jean-Pierre Sueur,
demandait à ce qu'une proposition de loi visant à créer des devis-types
passe à l'Assemblée nationale. Selon le sénateur, cela obligerait les
opérateurs funéraires à plus de transparence et donc à abaisser le
prix des prestations.
Guirec Gombert
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