LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE

1er novembre 2007
  

   

Le prix des obsèques flambe. Et c'est un moment où l'on manque de lucidité. Voici quelques conseils de l'Association Française d'Information Funéraire pour éviter une seconde douleur.

Au décès d'un proche, en plus d'être envahi par la tristesse, on est déstabilisé. Et moins vigilant quant aux services proposés par la société de pompes funèbres requise. C'est un tort. Car la dépense des obsèques est importante, la 3ème dans son montant après l'achat de la maison et de la voiture. Et si la qualité des services funéraires n'a cessé de s'améliorer ces dernières années, leur prix a grimpé trois fois plus vite que le prix de la vie, selon un rapport du Sénat. Certaines des dépenses engagées sont pourtant inutiles, voire abusives selon l'Association Française d'Information Funéraire (AFIF), véritable trublion sur le marché de la mort. Son président-fondateur Michel Kawnik livre quelques conseils.

Après un décès, il n'y a pas urgence. Une inhumation ou une crémation doivent être accomplies dans les 6 jours ouvrables après le décès (dimanches et jours fériés non compris, donc). Si le décès a lieu dans un centre de santé, la restitution du corps doit être demandée par la famille dans les 10 jours suivant le décès.
Trois questions pour vous décider. Avant de faire votre choix de pompes funèbres, posez 3 questions par téléphone. Celle du montant des honoraires et des démarches de la société pour un décès survenu à tel endroit et pour une inhumation dans tel cimetière (ou crémation, ou rapatriement de défunt). Le premier prix pour un cercueil en chêne équipé, pour un cercueil destiné à la crémation et équipé (si crémation), pour un cercueil zingué et équipé (pour transfert). Le coût du corbillard, des porteurs et le nombre de porteurs. « Si votre interlocuteur refuse de répondre par téléphone, raccrochez et éliminez cette société de votre sélection ! » recommande M. Kawnick.
Attention aux « guides » dans certaines mairies ou établissements de soins : il peut exister des ententes d'intérêts entre eux et des sociétés de pompes funèbres. Or, vous avez libre choix.
Faites-vous expliquer le devis. Demandez plusieurs devis et surtout, faites-vous le détailler. Les tarifs funéraires vont du simple au triple, d'où l'importance de comparer. Une cérémonie avec crémation coûte 1 500 € à Lille et au minimum 3 000 € à Nice. Gare aux intitulés imprécis, toujours très chers comme « organisation humaine et mise en place du service de cérémonie », « logistique d'hommage et coordination de l'accompagnement », « spray ou vaporisation hygiénique ». Le flou est parfois entretenu pour faire passer des services qui peuvent vous être inutiles.
Faites-vous accompagner d'une personne moins déstabilisée lors de l'entretien aux pompes funèbres. Tout démarchage de pompes funèbres au domicile du client, sur la voie publique ou dans un lieu public est interdit.
La conservation au formol n'est pas obligatoire. Elle est d'ailleurs proscrite (sauf cas exceptionnels) dans les religions musulmane, juive, orthodoxe. Certains intitulés plus doux (conservation, thanatopraxie, soins somatiques, présentation, art restauratif, IFT) désignent la formolisation. Elle ne doit pas être cumulée avec la glace carbonique ou autre type de réfrigération puisqu'ils servent à la même chose.
La mise en bière s'effectue généralement sur le lieu du décès. Nul ne peut imposer le déplacement du corps vers une chambre funéraire (qui est une structure commerciale payante) ou un retour à un domicile de famille. Si le décès survient dans un établissement de soins, les trois premiers jours dans sa chambre mortuaire ou reposoir sont gratuits. Si le transfert en chambre funéraire est demandé, refusez que la demande émane de la famille. En maison de retraite, considérée comme le domicile, le corps peut rester 6 jours en l'attente des obsèques.
Le site Internet de l'Association Française d'Information Funéraire, totalement indépendante de toute société de pompes funèbres, est une mine d'informations : www.afif.asso.fr

 

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