CIMETIÈRE M'ÉTAIT CONTÉ
par Bertrand Beyern

     Fasciné tout enfant par le Père-Lachaise, Bertrand Beyern a décidé très tôt de se consacrer à l'étude des cimetières en privilégiant, au-delà de seule leur richesse patrimoniale, leur aspect poétique ou insolite. Ses recherches prouvent combien nécropoles et autres champs de repos s'adressent avant tout aux vivants et ne sont un terme que pour les défunts qui y reposent. Persuadé que chaque monument, si humble ou banal soit-il, a quelque chose à nous apprendre, il inventorie ces terres souvent délaissées où mille émotions et informations introuvables ailleurs n'attendent que d'être découvertes. Auteur de nombreux livres et articles sur le sujet (citons, au Cherche-Midi Editeur, le Guide des tombes d'hommes célèbres qui recense des milliers de sépultures dans toute la France, ainsi que Mémoires d'entre-tombes , surprenant journal intime d'un habitué du Père-Lachaise), Bertrand Beyern anime toute l'année des "safaris nécropolitains", promenades culturelles thématiques et étonnantes à la découverte des trésors du Père-Lachaise, du Montparnasse et de Passy (l'humour noir, les tombes d'assassins et d'assassinés, Eros et Thanatos ou l'Amour au Père-Lachaise, etc.).
     Il nous livre ici informations et réflexions sur la "nécrosophie", la discipline qu'il a créée dont le but est de mieux connaître et mieux comprendre ces lieux de souvenir injustement délaissés.

Merci d'adresser toute correspondance à : Monsieur Bertrand Beyern  131, rue de Bagnolet 75020 PARIS

 

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Nécropoly : décrochez la tombale et gagnez !

 

EXCEPTIONNEL !

Radio-Canada présente cette semaine une émission intitulée "Mourir autrement", découpée en cinq épisodes d'une heure diffusés du lundi 1er au vendredi 5 février, à 13 heures (19 heures, heure de Paris). Ce programme, auquel participe Bertrand Beyern, rassemble des témoignages de professionnels (médecins, savants, philosophes) mais également de mourants et de personnes endeuillés. Les auditeurs français y retrouveront, parmi beaucoup d'autres, Axel Kahn, André Comte-Sponville ou Eric-Emmanuel Schmitt. Il est possible d'écouter l'émission grâce au site de Radio-Canada :
http://www.radio-canada.ca/radio/


Médias - C'est donc ainsi que les hommes meurent
Stéphane Baillargeon   30 janvier 2010  Télévision
Marie-Élise Proulx témoigne au deuxième épisode de Vivre jusqu'au bout, une série qui en compte cinq, diffusée la semaine prochaine par Radio-Canada. Mme Proulx était atteinte d'une maladie incurable au moment de l'entrevue. Elle est morte depuis.

«Ça nous replonge au coeur des grandes questions existentielles, dit-elle de sa voix surchargée de sens. On se retourne vers notre intériorité. J'avais déjà une inclination très grande à la vie spirituelle. Ça m'a permis de donner encore plus de temps pour vivre ces beaux moments de prière, de contemplation, de méditation. Mourir, c'est aller vraiment au sens profond de la vie.»

Le réalisateur-intervieweur Mario Proulx (sans lien de parenté) lui demande alors si elle-même a trouvé ce sens. «Sur le coup, quand j'ai eu mon diagnostic de récidive incurable, j'ai eu l'impression que je n'avais pas vécu, répond Mme Proulx, en retenant ses larmes. Pour moi, ça se résume beaucoup au constat que je n'ai pas assez aimé.»

Ce témoignage touchant a été recueilli spontanément, à la maison Michel Sarrazin de Québec. Avec sa partenaire d'antenne Eugénie Francoeur, Mario Proulx a conduit une soixantaine d'interviews ici et en Europe, rencontré des savants (Luce Des Aulniers, Serge Bouchard...), des soignants (le Dr Serge Daneault par exemple, spécialisé dans les soins palliatifs), des artistes (Chloé Sainte-Marie, Éric-Emmanuel Schmidt...), des mourants et des personnes endeuillées. Tout cela pour finalement tracer un exceptionnel portrait du rapport de notre société à la mort.


Autrement

Un portrait triste en fait, mais en ce sens que nous ne savons plus accepter ce moment inéluctable, nous le fuyons et nous le repoussons sans cesse. Nous abandonnons les vieux et les mourants à leur sort. Une fois ceux-ci trépassés, il est même possible de les incinérer dans les 24 heures (on parle de «crémation directe») et de repousser un semblant de cérémonie des adieux sur le mode du bien cuit...

«Cette peur et ce dégoût de la mort constituent un peu le point de départ de la série, explique M. Proulx en entrevue téléphonique. Notre société du paraître et de la performance, extrêmement individualiste, oublie la mort et les mourants. Les gens meurent seuls, malades. Les survivants vivent leur deuil seuls. Une mère perd son enfant et on lui dit au bout de deux mois de tourner la page, d'aller au cinéma...»

L'idée de ce nouveau portrait de groupe lui a été fournie par un auditeur qui réagissait à sa précédente série (Vivre autrement) sur la santé et les médecines dites complémentaires. Comme dans ce travail précédent, M. Proulx a souhaité mettre l'accent de manière «ouverte» sur des expériences et des réflexions pour mourir autrement dans notre société postreligieuse. «C'est un hymne à la vie. Si on est conscient de sa finitude, on vit mieux, on prend mieux soin de soi et des autres.»

Il a travaillé finement son oeuvre radiophonique (le mot n'est vraiment pas trop fort), une série de chevet de plus qui montre par le bel exemple à quoi peut encore servir un réseau d'État quand il vise au plus haut.. Au total, il a agencé 650 extraits sonores autour de quelques thèmes forts: les derniers temps de la vie, la peur de mourir, les soins palliatifs et l'euthanasie, le deuil pour les adultes et les enfants, les rites et le sacré au temps de l'athéisme. «Mais ce n'est pas exactement du journalisme, dit celui qui a longtemps pratiqué ce métier. Je ne dénigre pas cette profession. Seulement, l'optique du journaliste est souvent fermée: il part avec une thèse et tente de la défendre. J'essaie de conserver un esprit d'ouverture par rapport aux idées et aux pratiques que je tente de comprendre et d'éclairer.»

Vivre jusqu'au bout sera diffusée cette semaine, du 1er au 5 février, à 13h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Un livre publié par Bayard, reproduisant des entretiens choisis, accompagne la grande oeuvre, de même qu'un site Internet et une série de conférences dans le cadre des Belles Soirées de l'Université de Montréal.

Et après? Mario Proulx s'attaquera bientôt à une série baptisée Naître autrement, histoire de boucler la boucle.

 

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